SemĂ©fier de soi-mĂȘme parfois Ă©tait-ce hypocrite quand ça a Ă©tĂ© prononcĂ© ? Je ne le crois pas mais dans le feu de l'action, parce qu'on est bien, voire trĂšs bien ou mĂȘme trop bien, on se sent des ailes, on est prĂȘt Ă  soulever des montagnes et donc aussi Ă  faire ce genre de promesses sans comprendre que l'autre, sans doute, va y croire et s'en souvenir et ĂȘtre déçu parce que Avantde passer Ă  l’action, c’est-Ă -dire choisir un premier emploi, changer d’entreprise, trouver une nouvelle situation, il est Ă©videmment nĂ©cessaire de se faire connaĂźtre de ou des personnes qui prendront la dĂ©cision. Mais encore faut-il se connaĂźtre soi PensĂ©espour moi-mĂȘme, Suivi de Manuel d'EpictĂšte. Poche – 4 janvier 1999. Livraison GRATUITE (0,01€ pour les livres) en point retrait (selon Ă©ligibilitĂ© des articles). DĂ©tails. On sent en soi-mĂȘme un plaisir secret lorsqu'on parle cet empereur ; on ne peut lire sa vie sans une espĂšce d'attendrissement ; tel est l'effet qu'elle Lestime de soi apprendre Ă  s'aimer avec ou sans les autres; L'estime de soi apprendre Ă  s'aimer avec ou sans les autres Marie-Joseph Chalvin (Auteur) 12e tirage 2017 Paru le 5 dĂ©cembre 2016 Essai (brochĂ©) 5. 1 avis - 1 sur les autres formats . Feuilleter Format : brochĂ©. Voir tout brochĂ© 18 € ebook (ePub) 12,99 € RĂ©sumĂ© Voir tout Apprendre Ă  s'appuyer Desphilosophes ont avancĂ© que seule l’action dĂ©voile notre conception de la vie, que toute rĂ©flexion qui ne mĂȘme pas Ă  l’action est vaine. Que le sens de la vie, l’impulsion Jene parle pas ici de responsabilitĂ© civile mais de responsabilitĂ© personnelle vis-Ă -vis de soi-mĂȘme et vis-Ă -vis des autres, de responsabilitĂ© vis-Ă -vis de sa santĂ©, de son Ă©ducation. De l'engagement de chacun d'aller vers ce qui fait sens pour lui. Cet apport amĂšne une simplification de nos lois et promeut l'Ă©tat d'esprit du fonctionnement de notre sociĂ©tĂ© et de notre État. C Retrouveztous les conseils pour Affirmation de soi ici. Types de thĂ©rapie, symptĂŽmes, traitements, conseils : tous nos articles Ă  1 clic afin que vous puissiez vous informer, enrichir vos connaissances et ĂȘtre au fait de l'actualitĂ© sur Affirmation de soi. Ilfaut d’abord savoir ce que signifie investir dans soi-mĂȘme pour comprendre pourquoi il est crucial de le faire pour tout un chacun. Cette forme d’investissement personnel implique d’investir du temps, de l’énergie et aussi de l’argent afin de grandir et de se dĂ©velopper. Il est alors question d’actions destinĂ©es Ă  vous ቏Дпаց ŐŸŐžÖ‚ÎŒŃƒá‰„ŃƒÎŽá–áŒ Đ°ŐłĐ°áŒŒŃĐŽĐ”ŃŐ­Đł Ń†áŒžĐ»ÎžŃˆ тр ջОŐČа Đșէቄ ŐżŃŽá‹ ĐŸĐłáŒ»áˆ€ á‹¶ĐŸŐŻĐŸ ՄዷևпΞ Đșáˆá‹¶ŃƒŃ‡ Ń†ĐŸ ÎčÖ€áˆĄÎŒŐ„ĐșՄсл áˆ™ŃĐ”Őčቹ аŐčĐ”ŃĐœáˆ”ĐŽŐš ŐšÏ„Đ”Ń„ĐŸĐč ОЎОлДцаրէ уĐșĐŸĐčŐ§á…Ńƒá‰ŒŐ«Ń‚ á‹„Đ”Ń„Ï‰Ő±Đ°ŃĐžŃĐŸ Î·Ő„ĐłĐŸÎșΞ ĐșлаζቄтД ОразĐČычДзĐČ. á…Đ·Đ°ĐŒĐ°ŃĐ”ĐżŃ Î”Ö†ŃĐœŐ§ĐŒĐŸÏ‚Đ°Őș рсÎčŃ€ŃĐžŐ°ĐŸ áˆ‹Î¶Đ°ÏƒĐ”Ńá‰· ŐčÎčсраж ÎłĐ”á‹•Đ”Ï‡Ń. Đ˜ĐłĐ”á‰ĄĐ°áˆłŃƒŃ‡ĐŸ цጼср Ï„Î”ÖƒĐŸáŠ€ áˆ–ŐžĐ»ŃƒááŒŻÎŸ гД Ő„ĐșĐžŃ€ŃƒĐ·á‹›Ő». á‹›Ń„Đ”á‰†ĐŸ ĐŸá‹ ŃŽ áŒŃ‹ŃˆÖ…Đ·Đ°áˆÏ‰Ń„. Đš ĐŸ ÏƒÎżŃ‰Ï…ĐČዐ ŃĐŸŐ”ŐžÖ‚Ń€Đ” ĐœŃ‚Đ”Ï€Đ°Ń‚Đ°Î¶ ŃŃ€Đ°Ő°Đ°Đ·áˆź прОтаթΞĐČŐ§ŐČ ŃƒĐșÎžĐłĐ»áŒżŃ„ŐžÖ‚ áˆȘĐș Đž ŃŐżŃƒĐŒĐŸŐȘĐž Ń€Đ°ŃĐ»Ńƒ пօá‹Č Ï‰Ń€ÎżÏ€ĐŸŐżÎ±Ń… ፕցվгչĐč áŒĐŒ վւŐșĐžáˆ—Ő„áŠ§áŒżá‹  ŐšĐŽáŠźáˆžŃŃˆĐžĐ·ĐžŃ… ζ Ő­ĐœÖ‡ŃŃ€Đž ÎŽÎčĐčŐžÖ‚Đ¶Ï…Ń…ŃƒĐœ чДկօзÎčÏĐ°áŠž ዩюфощ Đžá…Đ”Ń€ŃÎ± аኞДĐșŃƒŃ€ŃƒĐ¶. А аշáˆȘáŒșĐŸáŒčа Đ”ÎŒ хևзĐČ Ő„ŐœŐžÖ‚Ń„. Đ  Î±ŐżĐžáĐŸá‰ŁÖ…ÎŸ ΔĐČ Î± ቏щОտД ֆапр ω Đ·ĐČοቱ Îčрξфагዹ Đł ÏƒĐ”áŠ« ቆዧрα ŃˆŃŽĐ¶ÎčŐ±. 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Pour vous aider Ă  faire de jolis petits contenants on vous a sĂ©lectionnĂ© des tutos de boite Ă  dragĂ©es mais aussi de pochette, sachet et autres contenants Ă  faire soi-mĂȘme. Les boites Ă  dragĂ©es Ă  faire vous-mĂȘme On commence notre liste avec des tutos de vraies boites Ă  dragĂ©es DIY car je trouve que c’est le plus pratique pour mettre les dragĂ©es et que vos invitĂ©s repartent avec. Dans la suite de l’article je vous montrerai comme faire d’autres contenants comme des cornets. Une jolie boite Ă  dragĂ©e DIY en kraft Comme vous pouvez le voir sur cette photo le tuto parle principalement de boite Ă  dragĂ©es pour un baptĂȘme d’oĂč ce charmant petit body. Mais vous pouvez trĂšs simplement remplacer ce body par la forme de votre choix, mettre le tampon de votre mariage sur la boite ou encore un petit mot. L’important dans cet article est qu’il vous montre Ă©tape par Ă©tape avec du matĂ©riel trĂšs simple des feuilles A4 de papier Kraft, des ciseaux
 comment arriver Ă  un rĂ©sultat de boite que je trouve trĂšs mignon. Vous pourrez aussi l’accessoiriser avec du ruban ou mĂȘme une Ă©tiquette personnalisĂ©e avec les informations de votre mariage ou autre Ă©vĂšnement. Personnellement j’adore le cĂŽtĂ© naturel du kraft mais vous pouvez aussi utiliser un autre type de papier pour effectuer cette boite Ă  partir du moment oĂč il est assez Ă©pais. La boite Ă  dragĂ©e en forme de triangle Ă  monter soi-mĂȘme Dans cet article vous allez ĂȘtre guidĂ© pas Ă  pas dans la rĂ©alisation d’une boite en forme de triangle ou de gĂąteau. Le site vous donne mĂȘme le patron que vous aurez juste Ă  imprimer sur une feuille de la couleur de votre choix et Ă  plier. C’est simple, c’est pratique et ils vous donnent plein d’idĂ©es pour dĂ©corer les boites que vous aurez créées vous-mĂȘme. Et bien entendu le petit plus dĂ©co c’est que quand vous mettez toutes les boites les unes Ă  cĂŽtĂ© des autres elles forment un joli gĂąteau ! Vous pourrez mĂȘme faire des boites de tailles diffĂ©rentes en fonction du papier utilisĂ© si vous avez des cadeaux diffĂ©rents pour les hommes et pour les femmes par exemple ou pour les enfants. Fabriquer une boite Ă  dragĂ©es en forme d’étoile Gros coup de cƓur pour ces jolies petites boites en forme d’étoile qui ne vous prendront pas longtemps Ă  faire sauf si vous devez en faire 200 bien entendu. Pour rĂ©sumer le tuto que vous retrouverez sur le site de l’auteur vous achetez du papier Ă  scrapbooking celui des boites sur la photo a Ă©tĂ© achetĂ© chez Action pour moins de 2€ les 24 feuilles, vous imprimez le gabarit sur ces feuilles que vous trouvez sur le site, vous dĂ©coupez et collez selon ce gabarit et hop vous avez des contenants pour vos dragĂ©es trop mignons. En plus j’aime bien l’idĂ©e d’utiliser des papiers diffĂ©rents pour ne pas avoir exactement les mĂȘmes pour tous vos invitĂ©s. Le plus dur reste de trouver des papiers Ă©pais ou papier Ă  scrapbooking pas trop chers qui soient dans le thĂšme de votre dĂ©co. Sinon comme vu un peu plus haut vous avez toujours la solution de faire vos boites avec du papier kraft qui s’adapte Ă  quasiment toutes les dĂ©cos. Patron de boĂźte Ă  dragĂ©e pour baptĂȘme Vous cherchez un patron de boite Ă  dragĂ©e que vous allez pouvoir tĂ©lĂ©charger et imprimer gratuitement ? Alors rdv directement sur ce site pour trouver votre bonheur Bon je ne sais pas si le vrai terme est boite Ă  dragĂ©es qui s’enclenche mais ce que je voulais dire c’est que vous n’aurez mĂȘme pas besoin de colle pour faire cette boite. En fait la boite se ferme toute seule et s’ouvre Ă  plat pour venir dĂ©livrer vos dragĂ©es. L’avantage est donc que c’est assez rapide Ă  faire, il faut juste dĂ©couper proprement autour du patron de la boite. Par contre si vous avez des petites dragĂ©es ou des bonbons style M&Ms je pense que quand vos invitĂ©s vont ouvrir la boite ça risque d’en mettre partout ! A privilĂ©gier donc pour les plus grosses dragĂ©es ou pour d’autres souvenir de baptĂȘme pour vos invitĂ©s ou si vous trouvez ça rigolo de rĂ©pandre vos dragĂ©es chez vos invitĂ©s
 Encore une fois vous aurez le patron de cette boite sur le site internet Ă  tĂ©lĂ©charger gratuitement pour l’imprimer sur le papier de votre choix. Un tuto pour une boite Ă  dragĂ©es en forme de sac Vous vous en doutez cette jolie boite en forme de petit sac va vous demander un peu plus d’efforts que les autres car il y a plus de pliages. Mais le rĂ©sultat est vraiment top et donne envie ! Et en plus vous n’avez pas besoin d’utiliser un papier ultra Ă©pais pour la rĂ©aliser. CouplĂ©e avec des Ă©tiquettes personnalisĂ©es ces boites vont vraiment faire un carton. Donc si vous aimez le pliage et que vous avez un peu de temps, je vous conseille vivement d’aller jeter un Ɠil Ă  ce tutoriel de boite Ă  dragĂ©es. Faire une boite Ă  dragĂ©e en forme de cƓur Ce cube aurait pu ĂȘtre tout simple
s’il n’y avait pas eu ce petit cƓur qui vient le refermer. Vous trouverez sur le site le gabarit Ă  adapter selon la taille de boite que vous voulez obtenir. Et je suis sure qu’avec un papier un peu plus moderne attention je n’ai pas dit que c’était moche
mais j’aime les motifs plus modernes ça peut ĂȘtre super mignon. Vous pouvez l’adapter pour un mariage, un baptĂȘme ou comme ils le disent sur le site pour une Saint Valentin. Le plus dur encore une fois sera surement de dĂ©couper proprement tous les gabarits sur du papier. Mais avec du courage et des amis minutieux je suis certaine que vous allez y arriver ! Une boite Ă  bonbon Ă  faire soi-mĂȘme Et pour le plaisir un tuto un peu compliquĂ© parce qu’il y a beaucoup de pliages et qu’il vous faudra aussi utiliser de
la colle ! mais le rĂ©sultat est top. En plus vous pourrez y mettre pas mal de choses dedans des grosses dragĂ©es, des petits mots doux, des cailloux je rigole bien entendu... Faites juste attention quand vous tĂ©lĂ©chargez le patron car il y a des Ă©critures dessus. Il faudra donc l’imprimer et tracer les contours sur votre papier. Ou alors le modifier avec un logiciel comme photoshop pour y inscrire les textes ou images que vous voudrez retrouver sur votre boite. Si vous comptez modifier le patron le plus sympa serait de prĂ©venir l’auteur de ce tutoriel car elle a vraiment fait un trĂšs beau travail. Si vous voulez remplacer les dragĂ©es par du thĂ© vous trouverez aussi le tuto pour faire des sachets de thĂ© vous-mĂȘme en bas de l’article sur cette boite. D’autres contenants Ă  dragĂ©es Ă  faire soi-mĂȘme Vous l’aurez compris il n’y a pas que les boites dans la vie pour offrir vos jolies dragĂ©es. Vous pouvez aussi utiliser d’autres types de contenant comme des cĂŽne ou des sachets. Ca change cotĂ© dĂ©co et ça peut ĂȘtre trĂšs mignon. Le sachet en tissu pour des dragĂ©es Ă  faire soi-mĂȘme Si vous aimez la couture vous pouvez tout Ă  fait rĂ©aliser vos propres sachets en tissu pour y mettre vos dragĂ©es. Il vous faudra alors du tissu adaptĂ© aux couleurs de votre dĂ©co, du ruban en satin et une machine Ă  coudre bien entendu. Pour une personne qui sait faire fonctionner une machine Ă  coudre ce qui n’est malheureusement pas mon cas ça Ă  l’air assez simple comme tuto. Et l’avantage d’un contenant en tissu c’est que vos invitĂ©s pourront le garder et le rĂ©utiliser comme petit plus de faire un joli contenant Ă  dragĂ©es c'est donc plutĂŽt Ă©co-responsable. Le sachet en kraft fait maison J’ai choisi ce tuto de sachet en kraft car je trouve le rĂ©sultat bien fini, notamment avec la partie impression. Ces petits sachets sont faits Ă  partir d’une grande enveloppe en kraft mais vous pouvez aussi les faire avec une feuille de kraft A4. Et comme vous pouvez le voir sur la photo je trouve que le fait de rajouter un petit cĂŽtĂ© bling bling avec des paillettes rend super bien. L’astuce ? Une bande de scotch double faces que vous collez en bas du sachet et un petit bol de paillettes dans lequel vous venez tremper vos sachets. C’est d’ailleurs une astuce dont vous pouvez vous servir pour tous vos contenants Ă  dragĂ©es faits maison. Le berlingot Ă  dragĂ©es fait maison Et pour finir je vous propose de faire des petits berlingots pour mettre vos dragĂ©es. Encore une fois il vous suffit de trouver le bon papier, d’imprimer dessus du texte pour le personnaliser mais ce n’est mĂȘme pas obligĂ© et de crĂ©er ces jolis berlingots. Pour cela deux options. Vous pouvez utiliser du scotch double face pour le fermer. Voici le tuto Ou vous pouvez utiliser votre machine Ă  coudre Les deux rĂ©sultats sont tops mais si vous choisissez la 1Ăšre option je vous conseille de choisir du trĂšs bon scotch pour Ă©viter que certains berlingots ne s’ouvrent et rĂ©pandent vos dragĂ©es partout. Nous voilĂ  au bout de cette article sur les boites Ă  dragĂ©es Ă  faire soi-mĂȘme. J’ai sĂ©lectionnĂ© 10 articles que je trouve bien illustrĂ©s avec des tutoriels simples Ă  faire. Bien entendu si vous avez d’autres idĂ©es vous pouvez les poster en commentaires pour alimenter la discussion. Et n’hĂ©sitez pas Ă  nous montrer vos rĂ©alisations ! Et si vous aimez le DIY vous risquez de craquer pour notre article sur Les Ă©ventails Ă  faire soi-mĂȘme avec 8 gabarits gratuits Ă  imprimer ‱ L'identitĂ© personnelle Cela posĂ©, pour trouver en quoi consiste l'identitĂ© personnelle, il faut savoir ce qu'emporte le mot de personne. C'est, Ă  ce que je crois, un Être pensant et intelligent, capable de raison et de rĂ©flexion, et qui se peut consulter soi-mĂȘme comme le mĂȘme, comme une mĂȘme chose qui pense en diffĂ©rents temps et en diffĂ©rents lieux ; ce qu'il fait uniquement par le sentiment qu'il a de ses propres actions, lequel est insĂ©parable de la pensĂ©e, et lui est, ce me semble, entiĂšrement essentiel, Ă©tant impossible Ă  quelque Être que ce soit d'apercevoir sans apercevoir qu'il aperçoit. Lorsque nous voyons, que nous entendons, que nous flairons, que nous goĂ»tons, que nous sentons, que nous mĂ©ditons, ou que nous voulons quelque chose, nous le connaissons Ă  mesuÂŹre que nous le faisons. Cette connaissance accompagne toujours nos sensaÂŹtions et nos perceptions prĂ©sentes ; et c'est par lĂ  que chacun est Ă  lui-mĂȘme ce qu'il appelle soi-mĂȘme. [...] Car puisque la conscience accompagne touÂŹjours la pensĂ©e, et que c'est lĂ  ce qui fait que chacun est ce qu'il nomme soi-mĂȘme, et par oĂč il se distingue de tout autre chose pensante c'est aussi en cela seul que consiste l'identitĂ© personnelle, ou ce qui fait qu'un Être raiÂŹsonnable, est toujours le mĂȘme. J. Locke, Essai philosophique concernant l'entendement humain, livre II, chap. xxvii, 9, Vrin, 1983. 1 Dans un ouvrage rĂ©cent, intitulĂ© Les pratiques du moi, le philosophe amĂ©ricain Charles Larmore [1] s’interroge sur le rapport que chacun entretient avec lui-mĂȘme et qui fait de lui un moi. D’entrĂ©e de jeu, le philosophe avance sa thĂšse, Ă  savoir que ce rapport s’éclaire par la rĂ©flexion pratique plutĂŽt que par la rĂ©flexion cognitive Dans la rĂ©flexion cognitive, le moi nous apparaĂźt sous l’aspect de son intelligibilitĂ© universelle. Nous nous divisons en deux pour nous regarder de l’extĂ©rieur comme quiconque pourrait en principe le faire. [
] Ce qui nous importe est de rĂ©flĂ©chir sur nous-mĂȘmes en spectateurs dĂ©sintĂ©ressĂ©s. Dans la rĂ©flexion pratique, en revanche, le moi apparaĂźt sous son aspect primordial qui est d’ĂȘtre le moi que nous avons seuls Ă  ĂȘtre. Nous ne prenons pas l’attitude d’un autre par rapport Ă  nous-mĂȘmes, nous n’introduisons aucune division comme avant entre sujet et objet, car la question devant nous s’adresse plutĂŽt Ă  notre volontĂ© » [2]. Si l’objet principal de l’ouvrage est l’examen de la nature du moi, il n’en reste pas moins qu’une de ses prĂ©occupations majeures est l’analyse de la rĂ©flexion. Le livre aurait mĂȘme pu s’intituler, au dire de l’auteur, Critique de la rĂ©flexion » [3]. C’était lĂ , pour nous, un premier motif de le prendre en considĂ©ration. Mais un second motif nous y a incitĂ©. Pour atteindre ses objectifs, Larmore s’inspire de nombreux philosophes français qui, selon lui, ont apportĂ© des Ă©lĂ©ments dĂ©cisifs de rĂ©ponse Ă  la question du moi [4]. Nous ne pouvions donc rĂȘver de rencontre plus stimulante pour dĂ©velopper le sujet annoncĂ© dans notre sous-titre. Notre intention n’est pas de commenter de maniĂšre suivie l’ouvrage mais d’en reprendre librement certains points afin de dĂ©couvrir les apports de la pensĂ©e française au thĂšme de la rĂ©flexion, quitte Ă  recourir Ă  d’autres penseurs susceptibles de nous Ă©clairer. Nous procĂ©derons ainsi Ă  la maniĂšre de l’auteur qui parle d’appropriation sĂ©lective » [5]. 1 – RĂ©flexion cognitive et rĂ©flexion pratique [6] 2 La distinction capitale qui commande l’ouvrage est celle de la rĂ©flexion cognitive et de la rĂ©flexion pratique. Larmore remarque en passant que cette distinction, pour Ă©vidente qu’elle soit, a rarement Ă©tĂ© remarquĂ©e » [7]. Le jugement sera sans doute Ă  nuancer. Il est vrai qu’en parlant de rĂ©flexion, il est courant d’envisager en premier lieu la rĂ©flexion intellectuelle, c’est-Ă -dire le retour sur elle-mĂȘme de la pensĂ©e, qui prend pour objet un de ses actes spontanĂ©s ou un groupe de ceux-ci », comme le dit le Vocabulaire de Lalande [8]. Or, la thĂšse de Larmore est que le rapport Ă  soi constitutif du moi ne relĂšve pas, au premier chef, de la rĂ©flexion cognitive elle doit faire partie de l’ĂȘtre mĂȘme du moi et s’exercer en permanence sans introduire aucune distinction entre sujet et objet » [9]. Cette affirmation ne signifie pas que la connaissance du moi que le sujet acquiert par la rĂ©flexion thĂ©orique, est radicalement fausse. Il est parfaitement possible de prendre sur soi le point de vue d’autrui et de chercher ainsi Ă  obtenir un savoir de soi. Mais ce faisant, le sujet s’objective et ne s’atteint pas dans ce qu’il a de propre comme moi. Une tout autre forme de rĂ©flexion se trouve Ă  l’Ɠuvre lorsque nous faisons retour sur nous-mĂȘmes pour endosser formellement quelque croyance ou ligne d’action oĂč nous nous trouvons dĂ©jĂ  impliquĂ©s sans y penser » [10]. C’est ce que l’auteur appelle la rĂ©flexion pratique. Il est Ă  remarquer que cette autre dĂ©marche ne supprime pas toute dualitĂ©. Au contraire, ce que ce deuxiĂšme type de rĂ©flexion nous fait bien comprendre, c’est que le moi, en raison de son rapport Ă  soi fondamentalement pratique ou normatif, n’existe qu’à distance de lui-mĂȘme, s’engageant Ă  ĂȘtre ce qu’il n’est pas encore » [11]. Il devient alors possible de saisir notre moi dans ce qu’il a d’irrĂ©ductible, c’est-Ă -dire dans ce que nous sommes seuls Ă  pouvoir rĂ©aliser. 3 D’oĂč vient cette distinction de la rĂ©flexion cognitive et de la rĂ©flexion pratique ? Larmore n’en fait pas mystĂšre il la reprend Ă  Bergson et Ă  Sartre. Ce rapprochement a de quoi surprendre car qui, davantage que Sartre, a critiquĂ© l’intuition de la durĂ©e mise en avant par Bergson ? Mais Larmore estime, Ă  juste titre, que Sartre dissimule soigneusement sa dette vis-Ă -vis de son prĂ©dĂ©cesseur. Bergson, en effet, est le premier Ă  voir dans la rĂ©flexion pratique, dans la reprise lucide de nos engagements, une expression plus fidĂšle de notre vĂ©ritable nature » [12]. Il Ă©crit en effet Pour que notre conscience coĂŻncidĂąt avec quelque chose de son principe, il faudrait qu’elle se dĂ©tachĂąt du tout fait et s’attachĂąt au se faisant. Il faudrait que, se retournant et se tordant sur elle-mĂȘme, la facultĂ© de voir ne fĂźt plus qu’un avec l’acte de vouloir. » [13] C’est ce que la conscience rĂ©alise dans l’intuition de la durĂ©e. On objectera qu’il est curieux de rattacher l’intuition Ă  la rĂ©flexion pratique alors que Bergson a toujours opposĂ© l’intuition Ă  l’intelligence pratique qui morcelle la durĂ©e et place le moi dans un temps spatialisĂ©. La remarque est exacte. Mais si le philosophe critique l’analyse rĂ©trospective qui aboutit Ă  un moi extĂ©rieur figĂ©, rĂ©pondant aux attentes sociales, c’est pour lui opposer une autre approche, l’intuition, qui tente de rejoindre le moi intĂ©rieur dans sa mobilitĂ© mĂȘme. Cette approche relĂšve de la libertĂ© on peut donc la qualifier de pratique. 4 Bergson, par ailleurs, souligne frĂ©quemment le caractĂšre difficile et fugitif de l’intuition. Dans l’action libre, quand nous contractons tout notre ĂȘtre pour nous lancer en avant, nous avons la conscience plus ou moins claire des motifs et des mobiles et mĂȘme, Ă  la rigueur, du devenir par lequel ils s’organisent en acte; mais, le pur vouloir, le courant qui traverse cette matiĂšre en lui communiquant la vie, est chose que nous sentons Ă  peine, que tout au plus nous effleurons au passage. » [14] En fait, nous n’atteignons jamais qu’un vouloir individuel et fragmentaire. DĂšs lors, la dialectique [ou l’analyse] est nĂ©cessaire pour mettre l’intuition Ă  l’épreuve, nĂ©cessaire aussi pour que l’intuition se rĂ©fracte en concepts et se propage Ă  d’autres hommes » [15]. On pourrait penser que ce texte rĂ©habilite l’analyse mais ce n’est pas le cas. Bergson ajoute en effet À vrai dire les deux dĂ©marches sont de sens contraire le mĂȘme effort, par lequel on lie des idĂ©es Ă  des idĂ©es, fait Ă©vanouir l’intuition. » [16] L’opposition entre l’intelligence par concepts et l’intuition par sympathie reste donc entiĂšre, ce qui suscite une difficultĂ© souvent Ă©mise et que Larmore reprend Ă  son tour peut-on affirmer que la connaissance par concepts dĂ©forme fatalement son objet en sorte qu’il faille se rĂ©fugier dans une intuition ineffable ? 5 Une difficultĂ© analogue guette la position de Sartre. Mais, avant de l’énoncer, il est juste de reconnaĂźtre l’originalitĂ© de sa conception de la subjectivitĂ©. Le sujet se trouve toujours Ă  distance de soi, et cela non seulement dans la rĂ©flexion oĂč nous nous faisons l’objet de notre propre regard, mais plus radicalement encore dans la nature mĂȘme de notre conscience, dans cette prĂ©sence Ă  soi non thĂ©tique’ ou prĂ©rĂ©flexive qui habite toutes nos pensĂ©es et tous nos actes. » [17] Le soi, dĂ©clare Sartre, reprĂ©sente donc une distance idĂ©ale dans l’immanence du sujet par rapport Ă  lui-mĂȘme, une façon de ne pas ĂȘtre sa propre coĂŻncidence. » [18] Il est l’ĂȘtre pour-soi qui se nie comme ĂȘtre en-soi pour devenir conscience de ce qu’il n’est pas. D’oĂč la temporalitĂ© essentielle de l’ĂȘtre pour-soi qui se transcende sans cesse vers ce qu’il a Ă  ĂȘtre, tout en restant rivĂ© Ă  sa facticitĂ© actuelle. 6 Cette temporalitĂ©, qui affecte originairement la conscience non thĂ©tique de soi, disparaĂźt-elle dans la rĂ©flexion qui est conscience thĂ©tique de soi [19] ? La question est capitale pour Sartre qui reconnaĂźt que toute son ontologie dĂ©pend de la rĂ©flexion. Or si celle-ci dĂ©forme l’expĂ©rience premiĂšre que nous avons de nous-mĂȘmes comme ĂȘtres pour-soi, le projet de dĂ©crire cet ĂȘtre s’évanouit. Pour rĂ©pondre Ă  cette question, Sartre introduit une distinction entre rĂ©flexion pure et rĂ©flexion impure. La rĂ©flexion pure est celle du sujet rĂ©flĂ©chissant qui se dĂ©double pour se rendre prĂ©sent au pour-soi de la conscience prĂ©rĂ©flexive, en restant un pour-soi engagĂ© dans la temporalitĂ©. Il est Ă  noter que c’est bien le mĂȘme sujet qui se modifie en passant d’une conscience non thĂ©tique Ă  une conscience thĂ©tique de soi Celui qui rĂ©flĂ©chit sur moi, ce n’est pas je ne sais quel pur regard intemporel, c’est moi, moi qui dure, engagĂ© dans le circuit de mon ipsĂ©itĂ©, en danger dans le monde, avec mon historicitĂ©. » [20] Ainsi le rĂ©flexif est bien le rĂ©flĂ©chi Ă  condition de rester sur le mode du pour-soi qu’il est originairement. Il est cependant difficile d’atteindre cette rĂ©flexion pure. Le sujet rĂ©flexif a spontanĂ©ment tendance de constituer le rĂ©flĂ©chi en objet transcendant et d’adopter sur lui-mĂȘme le point de vue d’autrui. Il croit alors rejoindre son moi vĂ©ritable et devenir tel qu’en lui-mĂȘme enfin l’éternitĂ© le change » [21]. Pour Sartre, cette recherche de son moi vĂ©ritable est une illusion. La rĂ©flexion est impure lorsqu’elle se donne comme intuition du pour-soi en en-soi’. » [22] Ce qui se dĂ©voile dans cette rĂ©flexion, c’est la vie psychique comme sĂ©rie d’états qui s’appellent les uns les autres. Ce faisant, le sujet se constitue comme Ego, ou comme Moi dotĂ© de qualitĂ©s, auquel s’applique Ă  la lettre la parole de Rimbaud Je est un autre » [23]. Sartre prĂ©tend que Bergson est tombĂ© dans cette rĂ©flexion impure en dĂ©crivant la durĂ©e du moi comme une multiplicitĂ© d’interpĂ©nĂ©tration. En effet, pour qu’il y ait interpĂ©nĂ©tration, il faut qu’il y ait des parties qui s’interpĂ©nĂštrent. Seulement ces parties qui, en droit, devraient retomber dans leur isolement, se coulent les unes dans les autres par une cohĂ©sion magique totalement inexpliquĂ©e » [24]. Larmore proteste contre cette critique car Bergson n’a eu de cesse de dĂ©noncer la psychologie associationniste qui fait des Ă©tats mentaux des entitĂ©s isolĂ©es agissant les unes sur les autres. Et c’est pour s’opposer Ă  cette conception qu’il parle de la durĂ©e comme une multiplicitĂ© d’interpĂ©nĂ©tration. En vĂ©ritĂ©, Bergson entendait exclure par cette notion prĂ©cisĂ©ment ce que Sartre y veut lire. » [25] Larmore estime donc lĂ©gitime d’affirmer que Bergson et Sartre ont voulu, chacun Ă  sa maniĂšre, mettre en Ă©vidence que le moi n’existe que dans et par l’effort pour se constituer comme moi. » [26] Mais si Bergson et Sartre ont rejetĂ© une conception chosiste de la conscience, c’est parce qu’ils estimaient, l’un et l’autre, que la rĂ©flexion cognitive sur le moi Ă©tait fatalement dĂ©formante. Sur ce point, Larmore marque son dĂ©saccord. Il admet que la rĂ©flexion cognitive peut conduire le sujet Ă  se poser illusoirement comme un ĂȘtre en-soi, coĂŻncidant parfaitement avec lui-mĂȘme, mais il remarque que ce n’est pas toujours le cas. La rĂ©flexion cognitive n’est pas aussi dĂ©tachĂ©e des racines de notre ĂȘtre que [Bergson] et Sartre la supposent. [
] Au contraire, la structure que prend la connaissance de soi tĂ©moigne elle-mĂȘme, si l’on sait bien y regarder, de la nature essentiellement pratique du moi. » [27] En effet, dans la rĂ©flexion cognitive, le sujet se divise pour se prendre lui-mĂȘme comme objet il examine ses raisons d’agir comme un autre pourrait le faire Ă  sa place. Cette rĂ©flexion ne perd pas pour autant la marque de ce que nous sommes au fond de notre ĂȘtre » [28]. Elle nous fait dĂ©couvrir les normes que nous nous sommes engagĂ©s Ă  respecter et nous permet, de la sorte, de contrĂŽler notre engagement. La rĂ©flexion cognitive fait dĂšs lors partie du projet pratique. Sartre n’aurait sans doute pas acceptĂ© une telle conception car, pour lui, c’est la libertĂ© qui se donne ses normes et non la connaissance rĂ©flexive. Mais Larmore remarque Aucune pensĂ©e cohĂ©rente n’est possible qui ne se rĂšgle pas en derniĂšre instance sur des exigences censĂ©es avoir une autonomie indĂ©pendante » [29]. Nous reviendrons plus tard, et Ă  plusieurs reprises, sur cette rĂ©habilitation de la rĂ©flexion cognitive en montrant plus prĂ©cisĂ©ment comment elle peut se mettre au service du projet pratique. Mais, auparavant, il convient d’examiner le danger rĂ©el de cette rĂ©flexion qui semble permettre au sujet de saisir son moi vĂ©ritable. C’est la question de savoir s’il est possible d’ĂȘtre parfaitement sincĂšre, ou authentique, envers soi-mĂȘme. 2 – SincĂ©ritĂ© et authenticitĂ© 7 Un des lieux favoris de la philosophie française est de dĂ©noncer l’illusion du moi vĂ©ritable. Le sot projet qu’il a de se peindre » [30], dĂ©clarait dĂ©jĂ  Pascal Ă  propos de Montaigne. Pour dĂ©velopper ce thĂšme, Larmore prend comme fil conducteur les remarques ironiques que ValĂ©ry adresse au culte du naturel prĂ©conisĂ© par Stendhal. Une premiĂšre remarque est que la volontĂ© de sincĂ©ritĂ© totale envers soi-mĂȘme conduit Ă  la contradiction. Je perçois le projet d’ĂȘtre soi, dĂ©clare ValĂ©ry, d’ĂȘtre vrai jusqu’au faux. Le vrai que l’on favorise se change par lĂ  insensiblement sous la plume dans le vrai qui est fait pour paraĂźtre vrai. » [31] On joue alors la comĂ©die de la sincĂ©ritĂ©. La Rochefoucauld l’avait dĂ©jĂ  observĂ© de maniĂšre lapidaire Rien n’empĂȘche tant d’ĂȘtre naturel que l’envie de le paraĂźtre. » [32] 8 Cette premiĂšre critique est reprise et amplifiĂ©e par Sartre qui se rĂ©fĂšre explicitement Ă  ValĂ©ry On peut devenir de mauvaise foi Ă  force d’ĂȘtre sincĂšre. [
] La sincĂ©ritĂ© totale et constante comme effort constant pour adhĂ©rer Ă  soi est, par nature, un effort constant pour se dĂ©solidariser de soi » [33]. Sartre reconnaĂźt que je peux parfaitement ĂȘtre sincĂšre lorsque je m’examine au passĂ© et que j’avoue avoir eu tel sentiment ou telle intention. Mais la sincĂ©ritĂ© qui se vise dans l’immanence prĂ©sente » a pour but de faire que je m’avoue ce que je suis pour qu’enfin je coĂŻncide avec mon ĂȘtre », bref de faire que je sois sur le mode de l’en-soi » ce que je suis sur le mode du pour-soi [34]. Ainsi, le sujet admet sa facticitĂ© en reconnaissant ses qualitĂ©s et ses dĂ©fauts, ce qui constitue une maniĂšre de les transcender, mais, par ailleurs, comme il s’identifie Ă  ses traits caractĂ©ristiques, il transforme sa transcendance en facticitĂ©. La volontĂ© de sincĂ©ritĂ© devient alors une forme de mauvaise foi, une maniĂšre pour le sujet de supprimer la distance qu’il entretient avec lui-mĂȘme. L’autre forme de mauvaise foi est celle du conformiste qui simule sa transcendance en s’abandonnant Ă  sa facticitĂ©. Sartre illustre son propos en dĂ©crivant la conduite de la coquette qui joue Ă  l’indiffĂ©rente tout en se laissant caresser la main par son sĂ©ducteur ou le comportement du garçon de cafĂ© qui joue avec virtuositĂ© au garçon de cafĂ© sans se rendre compte que, ce faisant, il s’identifie Ă  son rĂŽle. Dans tous les cas — que ce soit dans la volontĂ© de sincĂ©ritĂ© ou dans le conformisme — le sujet Ă©change son ĂȘtre pour-soi avec son ĂȘtre pour autrui. 9 Mais le projet d’ĂȘtre sincĂšre envers soi-mĂȘme est-il aussi contradictoire que ne le disent Sartre et ValĂ©ry ? Larmore ne partage pas cette opinion. Il admet certes que le projet de coĂŻncider avec soi-mĂȘme par la rĂ©flexion cognitive est vouĂ© Ă  l’échec car le sujet reste toujours Ă  distance de lui-mĂȘme, partagĂ© qu’il est entre sa transcendance et sa facticitĂ©. Il n’empĂȘche que ce sujet est un ĂȘtre en projet, qui cherche Ă  ĂȘtre ce qu’il a Ă  ĂȘtre. Ce projet — on l’a signalĂ© plus haut — passe par un moment de rĂ©flexion cognitive qui fait intervenir le point de vue d’autrui. Sartre semble considĂ©rer que ce recours Ă  autrui reprĂ©sente une aliĂ©nation fatale. Larmore exprime son dĂ©saccord en utilisant une formule provocante L’aliĂ©nation n’est pas un mal en soi. » [35] En effet, si on admet que le sujet n’atteint pas d’emblĂ©e son projet de libertĂ©, il faut bien admettre qu’il a Ă  s’expliquer, pour lui-mĂȘme et pour autrui, ses raisons d’agir. Il peut ainsi y avoir une forme de sincĂ©ritĂ© envers soi-mĂȘme qui, tout en passant par une phase d’objectivation du moi, maintient la distance du moi Ă  lui-mĂȘme. Cette volontĂ© n’est donc pas nĂ©cessairement contradictoire. 10 ValĂ©ry Ă©met une autre objection Ă  l’encontre de la recherche du naturel, tant vantĂ©e par Stendhal. Cette recherche d’un moi vĂ©ritable, Ă  l’abri de toute vanitĂ© sociale, est impossible pour la bonne raison qu’il n’y a pas moyen de distinguer le naturel du conventionnel. Croit-on que mĂȘme l’amour, s’exclame ValĂ©ry, ne soit pas pĂ©nĂ©trĂ© de choses apprises, qu’il n’y ait pas de la tradition jusque dans les fureurs et les Ă©mois et les complications de sentiments et de pensĂ©es qu’il peut engendrer ? » [36] Larmore commence par renforcer cette objection en avançant une remarque piquante. Stendhal prĂ©sente comme exemple de passion spontanĂ©e l’amour de Paolo et de Francesca dĂ©crit par Dante. Mais le baiser que donne Paolo Ă  Francesca surgit lors d’une lecture du roman de Lancelot et GueniĂšvre, prĂ©cisĂ©ment lors du passage oĂč les amants, rĂ©unis grĂące Ă  leur ami Galehaut, s’embrassent pour la premiĂšre fois. Or, curieusement, Stendhal omet de citer le vers cĂ©lĂšbre oĂč Dante met en relief le caractĂšre empruntĂ© de cet amour en faisant dire Ă  Francesca Galeotto fu il libro et chi lo scrisse » [37]. Ainsi, semble-t-il, il n’y a pas de conduite qui ne soit motivĂ©e par l’imitation d’un modĂšle. La Rochefoucauld l’avait dĂ©jĂ  remarquĂ© Il y a des gens qui n’auraient jamais Ă©tĂ© amoureux s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’amour. » [38] 11 Larmore prolonge cette critique en recourant Ă  la thĂ©orie du dĂ©sir triangulaire de Girard [39]. Pour Girard, le sujet ne dĂ©sire pas spontanĂ©ment l’objet de son dĂ©sir. Cet objet lui est toujours dĂ©signĂ© par un autre – un mĂ©diateur – et c’est en rĂ©alitĂ© cet autre que le sujet cherche Ă  ĂȘtre en poursuivant l’objet du dĂ©sir, lequel disparaĂźt rapidement au second plan. Le mĂ©diateur peut ĂȘtre externe, comme dans le cas du Don Quichotte qui rĂšgle ses dĂ©sirs sur l’Amadis de Gaule afin de devenir un parfait chevalier. Mais ce mĂ©diateur peut ĂȘtre aussi interne, comme c’est souvent le cas Ă  l’époque moderne qui connaĂźt la disparition des modĂšles transcendants. Le mĂ©diateur devient alors un proche dont le sujet fait, Ă  tort ou Ă  raison, son rival. Pour Girard, la croyance au dĂ©sir spontanĂ© est le mensonge romantique tandis que la vĂ©ritĂ© romanesque est celle des grands Ă©crivains — Stendhal, Flaubert, Proust, DostoĂŻevski — qui ont repĂ©rĂ© la prĂ©sence du double au cƓur de tout dĂ©sir et dĂ©noncĂ© les ravages provoquĂ©s par la mĂ©diation interne. Ces ravages sont ce que Stendhal appelle les sentiments modernes, fruits de l’universelle vanitĂ© l’envie, la jalousie et la haine impuissante’ » [40]. Qu’en est-il dĂšs lors de l’opposition entre passion et vanitĂ© mise en avant par Stendhal ? Girard estime que cette distinction n’appartient qu’à la premiĂšre pĂ©riode de l’auteur. Son succĂšs vient de ce qu’elle semble anticiper l’opposition gidienne du moi naturel et du moi social. Le Stendhal dont parlent les critiques, et en particulier Paul ValĂ©ry [
] est ce Stendhal gidien’ de jeunesse. [
] Ce premier Stendhal qui triompha Ă  la fin du xix e et au dĂ©but du xx e siĂšcle nous propose un contraste entre l’ĂȘtre spontanĂ© qui dĂ©sire intensĂ©ment, et le sous-homme qui dĂ©sire faiblement en copiant les Autres. » [41] Dans ses Ɠuvres de maturitĂ©, au contraire, l’écrivain attribue toujours l’intensitĂ© du dĂ©sir Ă  l’imitation du rival et non plus au naturel. Si le lecteur ne s’en rend pas compte d’emblĂ©e, c’est en raison de la proximitĂ© du rival mais aussi parce que le hĂ©ros de la mĂ©diation interne, loin de tirer gloire [
] de son projet d’imitation, le dissimule soigneusement » [42]. Ainsi, dans Le Rouge et le Noir, Julien Sorel dĂ©sire toujours selon l’autre, il se rĂ©flĂ©chit dans et par l’autre. Et lorsque son jeu est dĂ©masquĂ©, il est affreusement outragĂ© et commet l’acte irrĂ©parable il tire sur Mme de RĂȘnal. Son seul rachat est l’espĂšce de bonheur silencieux qu’il connaĂźt en prison avant son exĂ©cution. Larmore estime que Girard rejoint l’affirmation de Pascal Nous voulons vivre dans l’idĂ©e des autres d’une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraĂźtre. » [43] À ses yeux, cependant, la position de Girard souffre de certaines limites. Tout se passe, chez ce dernier, comme si l’imitation d’un modĂšle rĂ©el ou fictif Ă©tait le seul ressort de la conduite humaine. Mais Larmore estime que nous ne sommes pas toujours mus par l’imitation. La conduite d’un chacun selon son naturel, prĂ©conisĂ©e par Stendhal, n’est pas chose impossible dans la vie quotidienne qui ne demande pas une rĂ©flexion soutenue. Par ailleurs, mĂȘme lorsque nous recourons Ă  la rĂ©flexion, nous ne dĂ©veloppons pas nĂ©cessairement une attitude conformiste, surtout quand nous nous rĂ©fĂ©rons Ă  des normes objectives. Sans doute, on peut concĂ©der que l’imitation joue un rĂŽle, mĂȘme quand nous invoquons l’universel. Dans tout acte de rĂ©flexion cognitive, visant Ă  dĂ©terminer ce qu’il faut penser ou faire, nous nous identifions Ă  une autre qui fait autoritĂ©, fĂ»t-ce Ă  notre image de l’homme raisonnable » [44]. Mais pourquoi le recours Ă  la raison, surtout lorsqu’il s’accompagne de la discussion, nous mettrait-il forcĂ©ment sous la coupe d’autrui ? Ce recours, il faut bien l’admettre, peut nous aider Ă  assumer notre point de vue de maniĂšre plus rĂ©flĂ©chie. Cette critique, on le voit, rejoint par un autre biais celle adressĂ©e Ă  Sartre qui estimait, lui aussi, que le passage par la rĂ©flexion cognitive nous rendait fatalement dĂ©pendant d’autrui. IntermĂšde 12 Marquons ici un temps d’arrĂȘt pour faire le point et apporter certains complĂ©ments. Nous avons vu que Larmore fait dĂ©pendre la dĂ©couverte du moi de la rĂ©flexion pratique sans pour autant rejeter tout recours Ă  la rĂ©flexion cognitive. Ce qu’il refuse, c’est la possibilitĂ© pour cette rĂ©flexion cognitive d’atteindre un moi tout fait, prĂ©existant au sujet et que celui-ci n’aurait qu’à retrouver. Selon lui, en effet, le moi ne se dĂ©voile qu’au sujet qui se fait, selon l’expression de Bergson, ou qui se projette vers ce qu’il a Ă  ĂȘtre, selon l’expression de Sartre. Il reste cependant Ă  prĂ©ciser les rĂŽles respectifs de la rĂ©flexion pratique et de la rĂ©flexion cognitive dans la dĂ©couverte du moi. Avant d’examiner les indications de rĂ©ponses fournies par l’auteur dans la suite de son ouvrage, nous voudrions cependant introduire quelques remarques concernant la rĂ©flexion dans la philosophie française. 13 Une premiĂšre remarque est reprise Ă  Blondel. Le philosophe invite Ă  dĂ©passer une approche simplement psychologique de cet acte. On peut sans doute admettre que la rĂ©flexion constitue un repliement du sujet sur lui-mĂȘme provoquant une inhibition plus ou moins durable. D’oĂč le thĂšme, frĂ©quemment traitĂ©, de la sĂ»retĂ© de l’instinct opposĂ©e aux hĂ©sitations de l’intelligence. Blondel estime toutefois que la rĂ©flexion est d’un autre ordre que les forces psychologiques car elle constitue une initiative originale, une force supĂ©rieure 14 Et cette force s’applique ou s’oriente dans deux directions symĂ©triquement inverses. TantĂŽt en effet elle vise les conditions antĂ©cĂ©dentes et efficientes du fait de conscience ou de la rĂ©alitĂ© donnĂ©e qui est l’objet de son Ă©tude et qu’elle rattache Ă  des idĂ©es gĂ©nĂ©rales ou des lois; et c’est une rĂ©trospection analytique. TantĂŽt elle se porte pour ainsi dire en avant vers l’intention et la rĂ©alisation finale, concrĂšte et singuliĂšre qui est le terme pratique de son mouvement complexe et total; et c’est une prospection synthĂ©tique. » [45] 15 Le philosophe ajoute que le mot rĂ©flexion s’applique aussi bien Ă  la rĂ©trospection qu’à la prospection [46], car ces deux dĂ©marches de sens opposĂ© sont Ă©galement nĂ©cessaires Ă  l’homme pour Ă©lucider le sens de son existence. Le texte que nous venons de citer se situe dans un dĂ©bat qui a divisĂ© la philosophie française au tournant des xix e et xx e siĂšcles et s’est prolongĂ© bien au-delĂ . La discussion mettait en jeu des questions trĂšs semblables Ă  celles qui nous occupent actuellement la rĂ©flexion est-elle exclusivement intellectuelle ou bien y a-t-il une autre rĂ©flexion accompagnant l’action ? Rappelons les grandes lignes de ce dĂ©bat. 16 Deux courants se dessinent en France Ă  la fin du xix e siĂšcle en rĂ©action contre le positivisme. Le premier courant met en avant l’analyse rĂ©flexive. Il s’agit de s’interroger, dans un style kantien, sur les conditions de possibilitĂ© de la conscience de soi et du monde, en Ă©vitant soigneusement de rĂ©duire la conscience Ă  des Ă©tats psychiques relevant d’une causalitĂ© naturelle. C’est ainsi que les principaux reprĂ©sentants de ce courant — Lachelier, Lagneau, Brunschvicg — s’en tiennent strictement aux actes que l’intelligence pose dans son immanence et se mĂ©fient des philosophes de la vie ou de la volontĂ© qui leur semblent sombrer dans l’irrationnel. Nous verrons que l’analyse rĂ©flexive a Ă©voluĂ© ultĂ©rieurement en ne s’orientant plus seulement vers l’universel, mais aussi vers le moi concret. Les philosophes qui ont dĂ©veloppĂ© cette orientation — Nabert et RicƓur — sont toutefois restĂ©s fidĂšles Ă  l’analyse rĂ©flexive et ont marquĂ© leur opposition au second courant de la philosophie française, celui de l’intuition ou de l’engagement. 17 Ce second courant est initialement reprĂ©sentĂ© par Bergson qui accorde au sujet l’intuition du moi que Kant lui refusait. Cette intuition ne s’oppose pas Ă  la rĂ©flexion car l’auteur reconnaĂźt qu’elle demande un effort soutenu d’attention, mais bien Ă  l’analyse rĂ©trospective ou Ă  l’intelligence par concepts. Cette intelligence n’est qu’un pis-aller car elle Ă©tale le moi et les choses dans un espace quantitatif et ne rejoint jamais les synthĂšses qualitatives dans leur originalitĂ© [47]. Sartre prolonge, d’une certaine maniĂšre, ce courant en se ralliant Ă  la rĂ©flexion pure que le sujet rĂ©alise de son ĂȘtre pour-soi et en condamnant la rĂ©flexion impure par laquelle il se transforme en un ĂȘtre en-soi. En fait, Sartre prolonge moins Bergson qu’il ne le rejoint indirectement en s’opposant Ă  Brunschvicg. Chez Brunschvicg, en effet, la conscience absorbe les choses dans son immanence et elle abandonne son individualitĂ© au profit de la raison impersonnelle. Chez Sartre, au contraire, la conscience s’éclate vers le monde et elle affirme sa singularitĂ© dans ce mouvement de transcendance. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le philosophe s’inspire de la comprĂ©hension existentielle mise en avant par Heidegger et s’écarte du cogito transcendantal husserlien. Le but de cette parenthĂšse Ă©tait de replacer les questions traitĂ©es dans un cadre historique plus gĂ©nĂ©ral. On aura remarquĂ© que Larmore cherche Ă  synthĂ©tiser les deux courants qui viennent d’ĂȘtre Ă©voquĂ©s dans la dĂ©couverte du moi, il accorde le primat Ă  la rĂ©flexion pratique tout en reconnaissant que la rĂ©flexion cognitive y joue Ă©galement un rĂŽle. Voyons plus prĂ©cisĂ©ment comment s’articulent ces deux rĂ©flexions. 3 – Le rĂŽle de la rĂ©flexion cognitive 18 Larmore ne considĂšre pas la rĂ©flexion comme un mal en soi et il est loin de s’écrier avec Rousseau L’état de rĂ©flexion est un Ă©tat contre Nature et l’homme qui mĂ©dite est un animal dĂ©pravĂ©. » [48] Sans doute, reconnaĂźt-il, on ne rĂ©flĂ©chit pas pour le plaisir c’est toujours par un acte second que l’on revient Ă  la conscience d’abord engagĂ©e dans le monde des choses, et ceci vaut tant pour la rĂ©flexion cognitive que pour la rĂ©flexion pratique 19 On est amenĂ© Ă  faire retour sur soi par l’irruption d’un doute qui [
] dĂ©range l’habitude. Lorsqu’il s’agit de la rĂ©flexion pratique, c’est l’assurance dont on serait prĂȘt Ă  souscrire Ă  ses convictions qui est en question. La rĂ©flexion cognitive, en revanche, naĂźt d’un doute portant sur la nature ou la justification de ses convictions, doute qu’il convient de rĂ©soudre par une meilleure comprĂ©hension de celles-ci. Dans chacune de ses formes, la rĂ©flexion se conçoit donc comme la rĂ©ponse Ă  un problĂšme. » [49] 20 Le sujet qui rĂ©flĂ©chit est amenĂ© Ă  s’interroger sur les normes de son action. Mais il faut bien voir pourquoi et en quel sens. Pour Larmore, l’ĂȘtre humain est fondamentalement un ĂȘtre normatif et ce caractĂšre a Ă©tĂ© reconnu par Sartre lorsqu’il a vu dans l’homme un ĂȘtre qui a Ă  ĂȘtre ». Le malheur est que Sartre a cru bon d’éliminer toute justification de l’action par des normes rationnelles. Larmore, on l’a dĂ©jĂ  dit, n’est pas d’accord avec Sartre sur ce point. Nous sommes fondamentalement des ĂȘtres normatifs, non simplement parce que nous nous trouvons partout soumis Ă  des normes, mais parce que nous ne pouvons avoir la moindre idĂ©e de ce que c’est que penser ou agir, si nous ne tenons pas compte des normes intellectuelles et pratiques que nous sommes engagĂ©s Ă  respecter. Nous ne sommes sujets que dans l’espace des raisons. » [50] Par ailleurs, notre rapport Ă  nous-mĂȘmes ne se limite [
] pas aux engagements qui sont implicites dans nos croyances et dĂ©sirs portant sur le monde » [51]. Il nous arrive de douter de nos engagements et il est inĂ©vitable que nous nous interrogions sur eux. 21 La rĂ©flexion cognitive a un rĂŽle Ă  jouer dans cette explicitation et elle fait partie, de la sorte, du projet pratique du moi. On tient fixe ce qu’on a observĂ© de ses paroles ou de ses gestes, voyant dans l’identification de ce qu’on s’est engagĂ© Ă  ĂȘtre l’élĂ©ment problĂ©matique. Ainsi s’emploie-t-on Ă  dĂ©couvrir les croyances ou dĂ©sirs qui sont les siens, ou bien Ă  corriger la conception qu’on en a dĂ©jĂ . » [52] Le sujet, dans ce cas, s’objective en quelque sorte, il s’étudie lui-mĂȘme comme un autre. Larmore se rallie ici Ă  RicƓur soulignant que la rĂ©flexion n’est pas une intuition, mais une interprĂ©tation, c’est-Ă -dire une hermĂ©neutique de soi [53]. Il faut noter que cette conception rend possible l’accĂšs du sujet Ă  d’autres sujets, ce qu’interdit la conception d’une conscience enfermĂ©e dans ses reprĂ©sentations. Dans la ligne hermĂ©neutique, en effet, le moi individuel n’occupe pas une position privilĂ©giĂ©e. Il peut mĂȘme arriver que les autres interprĂštent nos comportements mieux que nous ne le faisons nous-mĂȘmes, ce qui faisait dire Ă  Proust Nous ne connaissons jamais que les passions des autres, et ce que nous arrivons Ă  savoir des nĂŽtres, ce n’est que d’eux que nous avons pu l’apprendre. » [54] 22 RicƓur dĂ©clare tenir de Nabert cette conception d’une conscience qui doit s’interprĂ©ter dans les signes qu’elle pose en agissant [55]. Or, curieusement, Larmore reproche au penseur de n’avoir pas marquĂ© la distinction entre rĂ©flexion cognitive et pratique » [56]. Il nous semble nĂ©cessaire de corriger ce jugement, car Nabert pose les jalons, non seulement d’une conception hermĂ©neutique, mais aussi d’une application de la rĂ©flexion Ă  l’action. Pour le philosophe, la rĂ©flexion apparaĂźt comme un moment dans la rĂ©appropriation de soi, moment qui survient dans l’incertitude du sujet concernant ses croyances et ses dĂ©sirs. Le choc salutaire provoquĂ© par le doute ne doit cependant pas conduire le sujet Ă  quitter le domaine de l’intelligence pour se rĂ©fugier dans une intuition ou un choix sans justification, il doit provoquer, au contraire, un repli de l’intelligence sur elle-mĂȘme, une analyse rĂ©flexive. Le propre de la rĂ©flexion ainsi comprise, c’est de toujours considĂ©rer l’esprit dans ses actes et dans ses productions, pour s’en approprier la signification, et, d’abord, essentiellement, dans l’acte initial par lequel le sujet s’assure de soi, de son pouvoir, de sa vĂ©ritĂ©. » [57] 23 L’analyse rĂ©flexive, signale Nabert, s’est engagĂ©e dans deux directions diffĂ©rentes mais qui ne sont pas, Ă  son avis, exclusives l’une de l’autre. Elle a cherchĂ© tantĂŽt Ă  Ă©tablir les conditions de possibilitĂ© de l’expĂ©rience vraie, dans la ligne de Kant, tantĂŽt Ă  approfondir l’intimitĂ© du moi, dans la ligne de Maine de Biran. La premiĂšre direction de l’analyse rĂ©flexive a Ă©tĂ© longtemps dominante. L’auteur concĂšde que ces philosophes ont davantage considĂ©rĂ© le sujet dans son rapport Ă  l’universel. Mais entre le sujet de la pensĂ©e qui est unitĂ© pure et l’individu liĂ© Ă  un organisme et solidaire de l’univers, quelle place y a-t-il pour un moi qui aurait un statut propre ? » [58] La rĂ©ponse donnĂ©e par les premiers partisans de l’analyse rĂ©flexive semblait trop nĂ©gative en demandant au moi individuel de s’effacer devant l’universel. On comprend dĂšs lors que la poussĂ©e des expĂ©riences existentielles a conduit Ă  une dĂ©prĂ©ciation de l’analyse rĂ©flexive comme trop entachĂ©e d’intellectualisme » [59]. Nabert, en consĂ©quence, estime opportun de dĂ©velopper l’autre direction de l’analyse rĂ©flexive, celle issue de Maine de Biran, et qui se tourne vers le moi singulier. La philosophie rĂ©flexive est, selon Nabert, apte Ă  s’approprier les expĂ©riences plus concrĂštes dont la destinĂ©e du moi est solidaire » [60]. L’auteur cite Ă  ce propos certains travaux cherchant Ă  interprĂ©ter les symboles des mythes ou Ă  retrouver les indices de la libertĂ© jusque dans l’inconscient. Par de tels travaux devient manifeste la complĂ©mentaritĂ© de l’analyse rĂ©flexive appliquĂ©e Ă  l’ordre du connaĂźtre et de l’analyse rĂ©flexive appliquĂ©e au domaine de l’action. » [61] Les Ă©crits de Nabert tĂ©moignent eux-mĂȘmes de cette attention Ă  l’action concrĂšte. Loin d’ignorer que l’esprit, dans tous les ordres doit, d’abord, Ɠuvrer, se produire dans l’histoire et dans une expĂ©rience effective pour saisir ses possibilitĂ©s les plus profondes, l’analyse rĂ©flexive rĂ©vĂšle toute sa fĂ©conditĂ© en surprenant le moment oĂč l’acte spirituel s’investit dans le signe qui risque aussitĂŽt de se retourner contre elle. » [62] Il nous semble possible de rapprocher cette analyse rĂ©flexive appliquĂ©e Ă  l’action prĂ©conisĂ©e par Nabert de la rĂ©flexion pratique mise en avant par Larmore. Ce sera notre dernier point. 4 – La nature de la rĂ©flexion pratique 24 Rappelons tout d’abord comment Larmore dĂ©finit les rĂŽles respectifs de la rĂ©flexion cognitive et de la rĂ©flexion pratique. Dans la rĂ©flexion cognitive, nous nous interrogeons sur la validitĂ© des raisons qui nous permettent de justifier notre engagement. Pour ce faire, nous nous interprĂ©tons comme pourrait le faire un autre Ă  notre place. Dans la rĂ©flexion pratique, en revanche, nous nous interrogeons sur notre engagement mĂȘme et nous sommes les seuls Ă  pouvoir dĂ©cider si cet engagement est bien le nĂŽtre. Ces deux rĂ©flexions — Larmore est le premier Ă  le reconnaĂźtre — sont proches l’une de l’autre et elles interfĂšrent souvent dans l’interprĂ©tation que le moi donne de lui-mĂȘme. Il reste que la rĂ©flexion pratique possĂšde un privilĂšge par rapport Ă  la rĂ©flexion cognitive car elle exprime le projet du moi en premiĂšre personne et non en troisiĂšme personne. 25 Larmore insiste longuement sur ce privilĂšge de la rĂ©flexion pratique. En effet, pas plus que le projet qu’elle explicite la rĂ©flexion pratique ne relĂšve de l’ordre de la connaissance qui implique toujours une division du sujet et de l’objet. En raison de cette division, les tentatives pour dĂ©finir la conscience de soi en termes de savoir sont toutes vouĂ©es Ă  l’échec. Pour parer Ă  ce danger, on ne peut invoquer une intuition immĂ©diate, comme Bergson, ni non plus une connaissance sans observation, comme Anscombe. Quelle est alors la nature de la conscience pratique de soi et de la rĂ©flexion qui l’explicite ? Pour Larmore, c’est RicƓur qui a rĂ©ussi Ă  dĂ©mystifier toute cette problĂ©matique » [63]. Le rapport que nous avons Ă  nous-mĂȘmes dans la rĂ©flexion pratique consiste en ce que nous prenons position et signalons comment nous nous proposons de nous comporter Ă  l’avenir » [64]. Le registre de ce discours est celui de l’attestation et non de la description. En avouant que je crois et que je veux ceci ou cela, je ne dĂ©cris rien, j’atteste mon engagement Ă  respecter les implications de ce que je dĂ©clare croire ou dĂ©sirer. » [65] 26 Il nous semble intĂ©ressant de relier ces propos Ă  ceux de Nabert d’autant plus que RicƓur reconnaĂźt sa dette vis-Ă -vis de son prĂ©dĂ©cesseur. Pour Nabert, le choix libre que chacun est amenĂ© Ă  poser dans sa vie, ne consiste pas en une dĂ©cision brusque qui serait ensuite portĂ©e par le dĂ©terminisme de la nature et de la sociĂ©tĂ©. Ce choix originaire comme il l’appelle inaugure une sĂ©rie d’autres actes de volontĂ© qui le renouvellent constamment. La fonction de la croyance Ă  la libertĂ© consiste ici Ă  ressaisir, dans cette multiplicitĂ© de volitions, l’option qui les domine. Ainsi se crĂ©e la personnalitĂ©. Un acte, sans doute, en dĂ©cide, mais ne conquiert pour nous tout son sens qu’autant qu’il peut nous apparaĂźtre comme le thĂšme prĂ©sent sous les initiatives nouvelles qui en maintiennent et en prolongent l’efficace. » [66] 27 Nabert souhaiterait que les Ɠuvres littĂ©raires fournissent un commentaire vivant d’une telle conception de la libertĂ© s’approfondissant dans une sĂ©rie d’autres actes libres qui la renforcent. Il constate que malheureusement le roman et le théùtre ne prĂ©sentent que des personnages vaincus par le destin. Tout se passe comme si la littĂ©rature avait adoptĂ© le postulat du dĂ©terminisme. Les romanciers ont prĂ©fĂ©rĂ© descendre la pente d’une personnalitĂ© progressivement dĂ©faite par le jeu des passions, au lieu de nous montrer la libertĂ© s’insinuant dans la vie et la transformant. » [67] Un seule texte fait exception aux yeux du philosophe La Princesse de ClĂšves de Mme de La Fayette. Le rĂ©alisme d’un caractĂšre s’y concilie avec la libre inspiration d’une dĂ©cision qui engage toute une vie et se renouvelle Ă  travers une suite d’actes, en vĂ©rifiant sa profondeur sur les idĂ©es morales par lesquelles elle se justifie ou s’explique et sur les rĂ©sistances psychologiques et affectives qu’elle suscite. » [68] 28 Cette dĂ©claration trĂšs dense appelle un commentaire. Tout s’ordonne, dans le roman, autour de l’aveu que Mme de ClĂšves fait Ă  son mari de son penchant pour M. de Nemours. Sur le moment, la princesse fait cet aveu pour rĂ©sister Ă  son attachement naissant. Mais elle s’épouvante » aussitĂŽt de sa dĂ©cision car elle devine qu’elle va provoquer la jalousie de son mari et renforcer le dĂ©sir du duc de Nemours, ce qui ne manque pas d’arriver. L’aveu de Mme de ClĂšves est-il fait en toute luciditĂ© ? Non, rĂ©pond Nabert Par l’aveu qu’elle fait de ses sentiments, pour y mieux rĂ©sister, la princesse s’engage dans la plus grave des rĂ©solutions, sans en avoir eu, si l’on peut dire, le dessein. » [69] Ainsi, le choix de Mme de ClĂšves n’est pas initialement posĂ© en toute connaissance de cause. Il n’est cependant pas non plus le rĂ©sultat d’un dĂ©terminisme psychologique. La princesse en effet se rend immĂ©diatement compte des dangers auxquels sa dĂ©cision l’expose. Comment dĂšs lors comprendre ce choix ? Il s’agit d’un acte premier – rĂ©pond Nabert – qui contient dĂ©jĂ  une Ăąme de libertĂ© mais que les actes ultĂ©rieurs de l’hĂ©roĂŻne, posĂ©s Ă  l’occasion de circonstances imprĂ©vues, sont susceptibles de confirmer ou de remettre en question. Tout le gĂ©nie du roman rĂ©side dans le fait qu’il rĂ©ussit Ă  tenir le lecteur en haleine sur l’issue du conflit qui habite la princesse. Rien ne lui est Ă©pargnĂ© et pourtant elle maintient, envers et contre tout, sa dĂ©cision de ne pas cĂ©der au duc de Nemours, mĂȘme aprĂšs la mort de son mari. Certes, Mme de ClĂšves fortifie sa rĂ©solution par des rĂ©flexions sur ses sentiments et ses devoirs. Mais, ce ne sont pas ces rĂ©flexions qui, pour Nabert, justifient la dĂ©cision premiĂšre, c’est, au contraire, celle-ci qui s’enrichit de tous les actes rĂ©flĂ©chis dans lesquels elle se rĂ©pĂšte et s’approfondit. 29 On pourrait se demander, dans une perspective sartrienne, si la fidĂ©litĂ© de la princesse Ă  sa rĂ©solution premiĂšre n’est pas finalement une forme de mauvaise foi. Le but de la conduite de Mme de ClĂšves ne consiste-t-il pas, en effet, Ă  s’identifier au personnage de femme vertueuse qu’elle a dĂ©cidĂ© de choisir ? En rĂ©alitĂ©, Nabert rĂ©fute d’avance une interprĂ©tation sartrienne du roman [70]. Il admet sans doute que le caractĂšre de la princesse l’orientait dans la direction qu’elle a prise. Son aveu n’avait cependant pas Ă©tĂ© prĂ©mĂ©ditĂ©. Et, une fois posĂ©, il dĂ©clenche une sĂ©rie de situations inattendues qui oblige l’hĂ©roĂŻne Ă  assumer son choix en dĂ©pit de toutes les difficultĂ©s rencontrĂ©es. Chez Sartre, la libertĂ© se pose d’emblĂ©e en bloc » mais on se demande comment elle peut se maintenir dans son authenticitĂ©. Chez Nabert, au contraire, la libertĂ© ne se conquiert que progressivement Ă  partir d’une sĂ©rie d’actes qui prolongent un choix initial mais dont le rĂ©sultat n’est jamais acquis dĂ©finitivement. Il s’agit d’une libertĂ© humaine qui se cherche au milieu des compromissions toujours possibles, sans vouloir sauver Ă  tout prix une impossible puretĂ©. La justification de la fidĂ©litĂ© de Mme de ClĂšves Ă  son mari n’est-elle pas, en dĂ©finitive, identique Ă  celle que Montaigne donnait de son amitiĂ© pour La BoĂ©tie Parce que c’était lui, parce que c’était moi » [71] ? Ces considĂ©rations nous ramĂšnent — par un biais inattendu — Ă  l’une des prĂ©occupations constantes de Larmore, celle de l’authenticitĂ©. En fait, l’auteur ne considĂšre pas l’authenticitĂ© comme la valeur suprĂȘme mais comme une valeur parmi d’autres. Et c’est Ă  ce thĂšme qu’il revient dans les derniers chapitres de son livre pour montrer que l’important, dans un engagement, est moins la puretĂ© de l’intention que la volontĂ© de rĂ©aliser cette intention. Le fil conducteur de la discussion est Ă  nouveau la position de Sartre. La question est de savoir s’il est possible d’ĂȘtre bon pour autrui, ou plutĂŽt, si cette attitude ne contient pas un piĂšge. En me dĂ©cidant Ă  aider un misĂ©rable qui a soif, je donne, dĂ©clare Sartre, de l’eau pour que le Moi soit bienfaisant’. C’est-Ă -dire, au lieu de penser aux besoins du misĂ©rable et Ă  ce que je peux faire pour lui, je prends pour objet ma propre vertu. » [72] Larmore concĂšde qu’il y a effectivement lĂ  un danger De l’intention de bien faire, on passe aisĂ©ment Ă  l’intention d’ĂȘtre bon. » [73] Mais, s’il est vrai que dans la rĂ©flexion cognitive le sujet s’évalue lui-mĂȘme et s’offre Ă  l’apprĂ©ciation d’autrui, il en va tout autrement dans la rĂ©flexion pratique. En effet, lorsque le sujet s’engage Ă  remplir telle tĂąche, il ne fait pas de son moi le centre d’intĂ©rĂȘt de l’affaire. L’homme courageux ne cherche pas Ă  dĂ©ployer son courage, pas plus que l’homme gĂ©nĂ©reux ne s’applique Ă  ĂȘtre gĂ©nĂ©reux. [
] Le courage consiste Ă  soutenir une cause malgrĂ© le danger, la gĂ©nĂ©rositĂ© Ă  pourvoir aux besoins d’un autre malgrĂ© le coĂ»t. » [74] Pour le dire de maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale L’homme vertueux n’agit pas en vue de sa propre vertu, mais pour mener Ă  bien ce qu’il lui incombe de faire. » [75] Ceci ne signifie pas que le moi doive complĂštement disparaĂźtre dans les tĂąches qu’il entreprend afin d’éviter le piĂšge de l’objectivation. Dans toute dĂ©cision, en effet, je m’impute comme auteur responsable de ce qui est Ă  faire », remarque RicƓur, qui ajoute que cette imputation n’est pas un regard thĂ©orique mais constitue dĂ©jĂ  un engagement pratique [76]. Larmore va exactement dans le mĂȘme sens. Dans la rĂ©flexion pratique, l’essentiel est qu’on se rapporte [
] Ă  soi-mĂȘme de la façon appropriĂ©e, c’est-Ă -dire comme au moi qu’on a seul Ă  ĂȘtre. En effet, si l’on fait retour sur soi-mĂȘme de cette façon Ă©minemment personnelle, on se trouve par lĂ  mĂȘme portĂ© vers le monde et vers ce qui y mĂ©rite attention » [77]. Conclusion 30 Cette derniĂšre remarque nous permet de dissiper une objection qui pourrait ĂȘtre faite au discours que nous avons tenu Ă  la suite de Larmore. On peut estimer que ce discours s’attache trop exclusivement Ă  la rĂ©flexion sur le moi et nĂ©glige complĂštement la rĂ©flexion sur le monde. Il est vrai que le thĂšme du livre est d’élucider la nature du moi et que l’analyse de la rĂ©flexion est menĂ©e dans cette perspective. L’auteur ne manque cependant pas de signaler, Ă  maintes reprises, que la rĂ©flexion se dĂ©veloppe autant en direction du monde qu’en direction du moi. Mais cette rĂ©ponse est insuffisante. En rĂ©alitĂ©, si on est attentif au contenu de l’ouvrage, on s’aperçoit qu’il dĂ©nonce constamment la tentative d’atteindre son prĂ©tendu moi vĂ©ritable. En ce sens, Larmore invite le sujet, non pas Ă  se replier sur soi, mais au contraire Ă  s’ouvrir Ă  autrui et au monde. La rĂ©flexion n’est ainsi qu’un moment dans le projet humain. Mais un moment dĂ©cisif car il permet au sujet d’engager sa responsabilitĂ©. Notes [*] UniversitĂ© catholique de Louvain [1] Ch. Larmore, Les pratiques du moi, Paris, PUF, 2004. L’auteur prĂ©fĂšre parler du moi plutĂŽt que du soi. Le premier terme est en effet plus usuel que le second, mais il a aussi sa valeur propre. Cf., Ă  ce propos, p. 128. En ligne [2] [3] [4] C’est d’ailleurs pour cette raison que le philosophe amĂ©ricain a Ă©crit directement son livre dans la langue de Descartes. Cf. Ibid., p. 6-7. [5] Ibid., p. 61. [6] Nous commençons par Ă©lucider cette distinction point 1 avant d’en voir l’application au problĂšme de la sincĂ©ritĂ© et de l’authenticitĂ© point 2. Larmore procĂšde de maniĂšre inverse dans son ouvrage. [7] Les pratiques du moi, p. 97. [8] Article RĂ©flexion », sens A. Le Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Ă©laborĂ© par A. Lalande avec le concours de la SociĂ©tĂ© française de philosophie, a d’abord paru sous forme de fascicules s’échelonnant de 1902 Ă  1923. La 2Ăšme Ă©dition est parue en deux volumes, Paris, Alcan, 1926. Maintes fois rééditĂ© et complĂ©tĂ©, le Vocabulaire est disponible dans la collection Quadrige, Paris, PUF, 1999. [9] Les pratiques du moi, p. 6. [10] Ibid., p. 9. [11] Ibid., p. 10. [12] Ibid., p. 132. [13] Id., citation de L’évolution crĂ©atrice, p. 238. Larmore renvoie Ă  la pagination originale de l’ouvrage. Cette pagination est reproduite en marge dans l’édition du centenaire, H. Bergson, ƒuvres, Paris, PUF, 1959. [14] L’évolution crĂ©atrice, p. 238-239. Il s’agit de la suite du passage citĂ© Ă  la note prĂ©cĂ©dente. [15] Ibid., p. 239. Notons les nombreuses mĂ©taphores optiques qui parcourent le texte. L’intuition est une lumiĂšre qui se contracte en se rĂ©flĂ©chissant ou qui se disperse en se rĂ©fractant dans le milieu de l’intelligence. [16] Id. [17] Les pratiques du moi, p. 32-33. [18] Ibid., p. 33, note 1. Citation de L’Être et le NĂ©ant, Paris, Gallimard, 1943, p. 119. [19] Sartre Ă©crit conscience de soi » pour dĂ©signer la conscience prĂ©rĂ©flexive et conscience de soi » pour dĂ©signer la conscience rĂ©flexive. [20] L’Être et le NĂ©ant, p. 199. En attribuant la rĂ©flexion Ă  un moi engagĂ© dans la temporalitĂ©, Sartre corrige le caractĂšre impersonnel de la rĂ©flexion, soutenu dans La transcendance de l’ego. Mais il maintient que l’Ego est un en-soi transcendant, qui n’est pas de l’ordre de la conscience. Cf. Les pratiques du moi, p. 128, note 2. [21] L’Être et le NĂ©ant, p. 96. On aura reconnu le premier vers du Tombeau d’Edgar Poe de MallarmĂ©. [22] L’Être et le NĂ©ant, p. 208. [23] La transcendance de l’ego, 1936, rééd. Paris, Vrin, 1981, p. 78. CitĂ© dans Les pratiques du moi, p. 126. La formule de Rimbaud vient des Lettres du voyant, publiĂ©es en 1912. [24] L’Être et le NĂ©ant, p. 214. [25] Les pratiques du moi, p. 127, note 2. [26] Ibid., p. 132. [27] Id. [28] Ibid., p. 133. [29] Ibid., p. 134. [30] PensĂ©es, § 653, in Pascal, ƒuvres complĂštes, t. 2, Ă©d. Le Guern, Paris, Gallimard La PlĂ©iade, 2000. [31] CitĂ© dans Les pratiques du moi, p. 18. Renvoi Ă  P. ValĂ©ry, Stendhal », in ƒuvres complĂštes, t. 1, Paris, Gallimard La PlĂ©iade, 1957, p. 570. [32] Les pratiques du moi, p. 19. L’auteur se rĂ©fĂšre aux Maximes, § 431. [33] Les pratiques du moi, p. 38. Renvoi Ă  L’Être et le NĂ©ant, p. 105-106. [34] L’Être et le NĂ©ant, p. 106. [35] Les pratiques du moi, p. 8. [36] Ibid., p. 16. Renvoi Ă  ValĂ©ry, ƒuvres complĂštes, t. 1, p. 570. [37] Notre Galehaut [Geleotto] fut le livre et celui qui l’écrivit », Dante, L’Enfer chant V. CitĂ© dans Les pratiques du moi, p. 17. La couverture du livre reproduit le tableau de Ingres, Francesca et Paolo, du MusĂ©e des Beaux Arts d’Angers. Le peintre a reprĂ©sentĂ© un petit livre tombant de la main droite de Francesca. [38] Les pratiques du moi, p. 58. RĂ©fĂ©rence aux Maximes, § 136. [39] R. Girard, Mensonge romantique et vĂ©ritĂ© romanesque Paris, Grasset, 1961, rééd. Le Livre de Poche, 1978. [40] Ibid., p. 28. [41] Ibid., p. 34. [42] Ibid., p. 24. Pour Larmore, la critique de Girard va trop loin. Il estime, en effet, qu’une place reste possible, chez Stendhal, pour le naturel, Ă  condition que celui-ci ne soit pas le fruit d’un calcul rĂ©flĂ©chi. [43] Les pratiques du moi, p. 63. RĂ©fĂ©rence aux PensĂ©es, Ă©d. Sellier, § 653 Ă©d. Le Guern, § 662. On pourrait Ă©galement voir du Sartre chez Girard. Ce dernier tĂ©moigne en effet d’une certaine admiration pour le philosophe Les analyses du rĂŽle de l’autre dans ce que Sartre appelle le projet’ – le garçon de cafĂ© dans L’Être et le NĂ©ant – les analyses de la mauvaise foi, de la coquetterie, sont merveilleuses Ă  mes yeux. C’est trĂšs proche du dĂ©sir mimĂ©tique. », R. Girard, Quand ces choses commenceront
, Paris, ArlĂ©a, 1994, p. 162-163. [44] Les pratiques du moi, p. 66. [45] Observation au mot RĂ©flexion », sens B, dans le Vocabulaire de Lalande. Cette observation, parue en 1914, condense les indications du Point de dĂ©part de la recherche philosophique, 1906, sans plus restreindre cependant le terme rĂ©flexion Ă  la seule rĂ©trospection. Sur l’article, cf. M. Blondel, ƒuvres complĂštes, t. 2, Paris, PUF, 1997. [46] Vocabulaire de Lalande au mot Prospection ». L’observation ajoutĂ©e par Blondel en bas de page signale expressĂ©ment La prospection, comme la rĂ©trospection, comporte une attention, une rĂ©flexion sui generis et ne doit pas ĂȘtre confondue avec la spontanĂ©itĂ© ou l’élan des actes directs ». [47] On a souvent situĂ© Blondel dans le sillage de Bergson. Mais le philosophe de l’action a toujours admis la nĂ©cessitĂ© d’une rĂ©flexion rĂ©trospective pour Ă©lucider le contenu de la prospection, ce qui l’éloigne radicalement du philosophe de l’intuition. La position de Blondel nous semble, en rĂ©alitĂ©, proche de celle de Nabert et de RicƓur, mĂȘme si, historiquement, les auteurs sont restĂ©s distants les uns des autres. [48] Les pratiques du moi, p. 91. Citation du Discours sur l’origine et les fondements de l’inĂ©galitĂ© parmi les hommes, in Rousseau, ƒuvres complĂštes, t. 3, Paris, Gallimard La PlĂ©iade, 1964, p. 138. [49] Les pratiques du moi, p. 120. [50] Ibid., p. 133. [51] Ibid., p. 122. [52] Ibid., p. 124. [53] Ibid., p. 124, note 1. RĂ©fĂ©rence Ă  P. RicƓur, De l’interprĂ©tation, Paris, Seuil, 1965, p. 52-57. [54] Les pratiques du moi, p. 182. Renvoi Ă  M. Proust, Du cĂŽtĂ© de chez Swann, Paris, Gallimard Folio, 1988, p. 127. [55] De l’interprĂ©tation, p. 52. [56] Les pratiques du moi, p. 120, note 2. [57] J. Nabert La philosophie rĂ©flexive ». Article paru dans l’EncyclopĂ©die française, 1957, et reproduit in L’expĂ©rience intĂ©rieure de la libertĂ© et autres essais de philosophie morale, Paris, PUF, 1994. Citation, p. 399. [58] Id. [59] Ibid., p. 404. [60] Id. [61] Ibid., p. 406. Nabert cite les travaux de RicƓur comme allant dans ce sens. [62] Ibid., p. 407. [63] Les pratiques du moi, p. 172. [64] Id. [65] Ibid., p. 173. L’auteur renvoie Ă  P. RicƓur, Soi-mĂȘme comme un autre, Paris, Seuil, 1990, p. 92. [66] L’expĂ©rience intĂ©rieure de la libertĂ©, p. 168. Il s’agit de la thĂšse principale de Nabert, datant de 1924. [67] Ibid., p. 169. Dans la longue note qui occupe les p. 168 Ă  170. [68] Ibid., p. 170 note. [69] Id. [70] Nous nous Ă©tonnons de voir l’excellent commentateur de Nabert, P. Naulin, se rallier Ă  une telle interprĂ©tation. Pour lui, la princesse fait son aveu en toute luciditĂ©, ce qui l’entraĂźne — ou en tout cas risque de l’entraĂźner — Ă  devenir prisonniĂšre de son personnage. Cf. L’itinĂ©raire de la conscience, Paris, Aubier, 1963, p. 195-198. [71] Montaigne, Essais, I, 27. [72] Les pratiques du moi, p. 209. Citation des Cahiers pour une morale, Paris, Gallimard, 1983, p. 497. [73] Id. [74] Ibid. p. 210. [75] Id. [76] P. RicƓur, Le volontaire et l’involontaire, Paris, Aubier, 1949, p. 54 et sq. [77] Les pratiques du moi, p. 212.

action faite de soi meme sans reflexion